Jacques Brel – Les Marquises

988 – Barclay, 816 726.2 (1 CD)

12 titres – 48:29 min

1/ Jaures
2/ La ville s’endormait
3/ Vieillir
4/ Le bon Dieu
5/ Les F …
6/ Orly
7/ Les remparts de Varsovie
8/ Voir un ami pleurer
9/ Knokke Le Zoute Tango
10/ Jojo
11/ Le lion
12/ Les Marquises

7e volume de l’Intégrale en 10 volumes, parue en 1988 chez Barclay.

Dès 1973, après avoir arrêté le cinéma où il n’a pas vraiment rencontré le succès, Brel se consacre à sa passion du voyage. Sur son bateau l’Askoy II acheté en 1974, il fait le tour du monde, visitant les îles paradisiaques dont il a longtemps rêvé. Mais Brel se sait condamné, après s’être fait enlever une tumeur au poumon fin 1974. En février 1976, Brel revient à Bruxelles pour y subir des examens, puis il retourne s’installer aux Marquises en juin. C’est là qu’il écrit ses dernières chansons, qui sortent sur l’album « Les Marquises » le 17 novembre 1977, dont un million d’exemplaires avaient été réservés avant même sa sortie.

Sur cet album, Brel nous a laissé quelques uns de ses plus beaux titres. Tout d’abord avec « Jaures », il rend hommage à cette icône de toute une génération, qui a tant fait progresser les droits sociaux au début du 20e siècle. Mais surtout Brel n’a plus de limites dans ses textes. Dans « Knokke-le-zoute Tango », il parle ouvertement de sexe, et de la prostitution à Amsterdam. Ses descriptions des femmes n’avaient jamais été aussi précises. D’autre part avec « Les F … », Brel offre un plaidoyer pour la culture et la langue françaises en Belgique, ridiculisant ceux qui tiennent à la langue flamande. Ce débat s’est depuis réglé dans le calme, mais peut-être pas d’une façon qui aurait plu à Brel, qui refusait tout simplement que l’on « impose » l’étude du flamand aux enfants francophones. A noter qu’avec cette chanson Brel cède au style disco en vogue à la fin des années 70, ce qui change du tout au tout des autres titres de ce disque.

Sont présents ici cinq extraits de la comédie musicale « Vilebrequin », à savoir « Voir un ami pleurer », « Vieillir », « Les remparts de Varsovie », « Le bon Dieu », et « Knokke-le-zoute Tango ». Ces morceaux superbes valent à eux seuls la découverte de cet album. « Voir un ami pleurer » et « Vieillir », mélancoliques à souhait, partent à la rencontre des préoccupations de Brel, qui n’a jamais caché ni sa préférence pour l’amitié des hommes à l’amour des femmes trop volages, ni sa peur de la vieillesse. « Les remparts de Varsovie » est une chanson plus gaie, mais là aussi c’est une critique des femmes.

L’album s’achève sur le titre éponyme, « Les Marquises », véritable monument musical à la gloire du dernier refuge de Brel, et de la vie simple et belle qu’il avait découvert là-bas. Cette dernière étape de la vie de Brel se termine sur ce paysage sublime : le 7 octobre 1978, Jacques Brel est transporté d’urgence en France, à l’hôpital de Bobigny, où il meurt le 9 octobre. Il est enterré aux Iles Marquises (sur l’île d’Hiva Oa) juste à côté de Gauguin.

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