Renaud – Mistral gagnant

1985 – Virgin, 07777 866432 (1 CD) – 11 titres – 41:30 min

  1. Miss Maggie (Renaud Séchan, Jean Pierre Bucolo)
  2. La pêche à la ligne (Renaud Séchan, Jean Pierre Bucolo)
  3. Si t’es mon pote (Renaud Séchan, Jean Pierre Bucolo)
  4. Mistral gagnant (Renaud Séchan)
  5. Trois matelots (Renaud Séchan)
  6. Tu vas au bal ? (Renaud Séchan)
  7. Morts les enfants (Renaud Séchan, Frank Langolff)
  8. Baby sitting blues (Renaud Séchan)
  9. P’tite conne (Renaud Séchan)
  10. Le retour de la pepette (Renaud Séchan)
  11. Fatigué (Renaud Séchan, Frank Langolff)

Huitième album et premier pour Virgin. Comme d’habitude avec Renaud, on trouve sur cet album un mélange de chansons inspirées par sa vie quotidienne, sa femme et sa fille, et de titres beaucoup plus politiques, tirés de l’actualité.

Dans la première catégorie, on trouve notamment « La Pêche à la ligne », qui présente l’amour et son aspect naïf. De son côté « Mistral gagnant » remporte la palme du slow qui tue. Cette chanson demeure un des plus grands succès de Renaud.

Renaud s’amuse toujours autant sur ses albums. Pour preuve « Trois matelots » arrive à concilier l’amour de Renaud pour la mer, et sa haine des beaufs et de l’armée. « Tu va au bal ? » est un véritable délire auditif, qu’il faut écouter attentivement ! « Baby sitting blues » narre la galère d’une étudiante qui garde la petite Lolita, boulot qui n’a visiblement rien d’évident, puisque la petite « n’aime que son père ».

Dans « Le retour de la pépette », l’héroïne de « Près des autos-tamponneuses » est ici en vacances dans un club au bord de la mer. C’est l’occasion pour Renaud de se défouler sur le français moyen pendant ses grandes vacances. Tous les clichés y passent, de la boite de nuit au dragueur indélicat, le tout au travers de couplets « intéressant » ou « pathétique » comme prévient lui-même Renaud.

Mais Renaud continue à faire de la politique. Dans « Miss Maggie », il retranscrit son dégout des hommes et de tout ce qui les rend fous (la guerre, le sport, les voitures, etc …), en déclamant son amour pour les femmes. Il en profite tout de même pour faire passer un message politique et égratigner Margaret Tatcher. Cette chanson, écrite après le drame du Heysel, a provoqué une véritable polémique en Angleterre. La chanson est passé sur toutes les chaines de télévision anglaises avec la traduction en sous-titre.

« Morts les enfants » parle entre autre de l’accident de Bopal, où une usine a contaminé un territoire immense en explosant. Résultat : des centaines de morts, des milliers de blessés.

Les enfants innocents sont les premières victimes de la pauvreté, de la guerre, de la bêtise humaine, et Renaud ne pouvait faire autrement que de s’en insurger, après avoir écrit deux ans plus tôt une chanson pour l’Ethiopie. Ce titre est certainement le plus triste et le plus découragé de l’album, découragement que l’on retrouve sur « Fatigué ».

En effet dans « Fatigué », on sent bien que même Renaud en a parfois assez de s’époumonner contre le genre humain et tous ses travers. Il sait bien qu’il ne changera pas le monde avec ses chansons, que la planète est dirigée par des gens sans scrupules qui ne répondent qu’aux pressions financières. En 1985, Renaud a véritablement atteint le statut de star et de personne publique. Il s’implique dans de plus en plus de causes humanitaires, mais il n’est pas dupe quant à leurs résultats. Le public oublie vite ce pour quoi il s’est ému un mois plus tôt. Malgré tout, le « chanteur énervant » continue son petit bonhomme de chemin, et à défaut de convaincre les gouvernements, il rassemble les foules à chacun de ses concerts. Pour la deuxième fois, Renaud fête la sortie de son album avec une série de concerts au Zénith. 180 000 personnes viennent le soutenir pendant un mois, record inégalé depuis pour cette salle.

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